3 cosmétiques de luxe à la loupe : vraie ou fausse pépite ?

3 cosmétiques de luxe à la loupe : vraie ou fausse pépite ?

Leur prix élevé et leur marque “chic” laissent penser que certains produits sont plus nobles. Est-ce vraiment le cas quand on regarde leur formule à la loupe ? L’Association Slow Cosmétique vous guide.

Peut-on se fier à la renommée d’une marque ou au prix élevé d’un produit pour juger de sa qualité ? de sa noblesse ? En tout cas, en ce qui concerne la formule, l’Association Slow Cosmétique a fait le travail de décrypter les étiquettes de 3 cosmétiques positionnés “luxe” sur le marché. Voyons si leurs formules tiennent les promesses d’exclusivité, de noblesse et d’innovation portées par le marketing qui entoure les produits.

Crème de La Mer (Régénération Intense) : 305€ les 60ml

La Crème de La Mer est une référence bien connue dans le monde du luxe. Regardons d’un peu plus près la liste d’ingrédients (affichée sur le site de la marque en septembre 2021).

Principaux ingrédients : Miracle Broth™, Thé au citron vert

Liste des ingrédients : Algae (Seaweed) Extract, Mineral Oil\Paraffinum Liquidum\Huile Minerale, Petrolatum, Glycerin, Isohexadecane, Microcrystalline Wax\Cera Microcristallina\Cire Microcristalline, Lanolin Alcohol, Citrus Aurantifolia (Lime) Extract, Sesamum Indicum (Sesame) Seed Oil, Eucalyptus Globulus (Eucalyptus) Leaf Oil, Sesamum Indicum (Sesame) Seed Powder, Medicago Sativa (Alfalfa) Seed Powder, Helianthus Annuus (Sunflower) Seedcake, Prunus Amygdalus Dulcis (Sweet Almond) Seed Meal, Sodium Gluconate, Potassium Gluconate, Copper Gluconate, Calcium Gluconate, Magnesium Gluconate, Zinc Gluconate, Magnesium Sulfate, Paraffin, Tocopheryl Succinate, Niacin, Water\Aqua\EAU, Beta-Carotene, Decyl Oleate, Aluminum Distearate, Octyldodecanol, Citric Acid, Cyanocobalamin, Magnesium Stearate, Panthenol, Limonene, Geraniol, Linalool, Hydroxycitronellal, Citronellol, Benzyl Salicylate, Citral, Sodium Benzoate, Alcohol Denat., Fragrance (Parfum)

La description du produit valorise 2 ingrédients spécifiques : le Miracle Broth™ et le Thé au citron vert. De merveilleux ingrédients, mais ici noyés dans 70 % d’ingrédients pétrochimiques ou plastiques dignes des crèmes de supermarchés. Pour rappel, les 5-6 premiers ingrédients de la liste INCI représentent toujours environ 70% de la formule. Si l’on regarde le cœur de formule de cette crème (les 6 premiers ingrédients), on constate que l’extrait d’algue est l’ingrédient majoritaire. Un très bon point a priori, puisqu’habituellement on trouve de l’eau à cette place. Hélas, cet extrait aqueux est ensuite mêlé à tout un mélange d’ingrédients pétrochimiques et/ou “plastiques” peu durables et très bon marché : huile et cire de paraffine, vaseline (gelée de pétrole), silicone… Après tout cela, on retrouve le fameux “thé au citron vert”. Il apparaît sous l’ingrédient “citrus aurantifolia (lime) extract”, soit l’extrait de citron vert, que l’on trouve en 8e position de la liste INCI. (La notion de “thé” étant vraisemblablement ici un concept marketing).

Quelques bons ingrédients suivent ce cœur de formule très pétrochimique : l’huile de sésame, l’huile essentielle d’eucalyptus notamment. Ils ne sont pas bio et probablement pas issus d’une filière équitable (sinon la marque en parlerait certainement). On note aussi plus loin de nombreuses poudres et autres résidus d’ingrédients végétaux mais là encore mélangés à des agents de texture, agents liants et autres dérivés estérifiés parfois issus (vraisemblablement) de la palme. Pour ce prix, la noblesse des ingrédients n’est donc pas vraiment au rendez-vous.

Un équivalent labellisé Slow Cosmétique ?

Oui, ça existe ! La crème ci-dessus est très confortable car riche en huiles pétrochimiques et silicone, très légèrement aromatisée en huiles essentielles, et veloutée car truffée de poudres végétales très fine. Des alternatives Slow Cosmétique allient ces éléments dans leur formulation aussi, mais sans le pétrole et les plastiques 😉

Un bon exemple au rapport qualité-prix nettement plus intéressant selon les critères Slow :

  • La crème Nectar de Jeunesse de Karethic (45€ les 50ml) :
    beaucoup de karité pour le confort, un peu d’amidon de maïs pour le fini poudré, et plusieurs extraits végétaux très antioxydants.

2. Dior Hydra Life – Eau micellaire démaquillante apaisante – 36,50€ les 200ml

Liste d’ingrédients (affichée sur le site de la marque en septembre 2021).

#11114/A AQUA (WATER) ● PROPYLENE GLYCOL ● POLOXAMER 184 ● PHENOXYETHANOL ● PEG-40 GLYCERYL COCOATE ● DISODIUM EDTA ● SODIUM CITRATE ● SODIUM COCETH SULFATE ● BUTYLENE GLYCOL ● SODIUM HYALURONATE ● PARFUM (FRAGRANCE) ● BIOSACCHARIDE GUM-1 ● CAPRYLYL GLYCOL ● ECHINACEA PURPUREA EXTRACT ● SAPONINS ● BHT ● TOCOPHEROL

L’eau micellaire Dior décrite ci-après est un produit qui se revendique démaquillant ET apaisant. C’est un produit que tout le monde perçoit comme “produit de luxe” grâce à sa marque, son prix, son packaging… Nous nous attendons donc à trouver des ingrédients qui vont dans ce sens. Pourtant en regardant la liste d’ingrédients, on se rend compte d’emblée qu’il s’agit surtout d’une eau micellaire très classique (eau industrielle + micelles de dérivés pétrochimique et plastique – poloxamer).

Plusieurs composés éthoxylés, dérivés de polymères, sont présents en grande quantité dans la formule (poloxamer 184, PEG-40, Disodium EDTA…). Outre leur caractère très polluant dans un produit ici “à rincer”, ils sont aussi potentiellement problématiques pour la santé endocrinienne. Le produit contient aussi une dose importante de phénoxyéthanol pour sa conservation. Or ce composé est largement décrié par l’ANSM depuis plusieurs années pour son potentiel irritant avéré et son potentiel de perturbateur endocrinien. Enfin, on retrouve un tensioactif anionique, le sodium coceth sulfate en tant qu’agent nettoyant : pourtant, ce dernier est réputé parmi les plus irritants du marché.

La marque met en avant deux ingrédients “actifs” : l’extrait naturel de fleur d’échinacée et les saponines. Ils sont nobles, certes, mais se retrouvent en toute fin de liste INCI : ils sont donc présents en quantité très minime au sein de la formule (ce qui est normal pour un actif, mais pas à ce point là puisqu’ici en quantité plus faible que le parfum et le conservateur). Pourtant, la marque vante les qualités apaisantes de son eau micellaire et la douceur de ses agents nettoyants naturels.

Et le luxe dans tout ça ? Il réside en réalité uniquement dans le look du flacon et le marketing autour. L’argumentaire de la marque se construit sur des termes très sensoriels, qui appellent à la douceur, à la naturalité : “infusée en extrait de fleur d’Échinacée », “apaise durablement la peau”, “fraîche et douce” ; mais aussi à l’efficacité miraculeuse digne des marques de luxe : “élimine en 1 seul geste”, “instantanément, la peau est parfaitement nette”. 

Un équivalent labellisé Slow Cosmétique ?

Un produit aqueux qui démaquille et apaise en un seul geste, ça existe bien évidemment au rayon Slow Cosmétique. Le produit Dior est composé d’eau, d’alcools gras pétrochimiques et de parfum. On aura une composition plus noble pour un même résultat avec :

  • L’eau Végétale de Fées en Provence (14,90€ les 150ml) : cette eau micellaire est formulée à base d’eau de pomme bio, d’hydrolats, de glycérine bio et d’huile de ricin.

3. Clinique – All About Eyes™ Soin Yeux Anti Poches Anti Cernes – 40€ (15ml)

Le contour des yeux est une zone sensible où la peau est fine et nécessite un soin tout particulier. Les marques le savent et argumentent, mais qu’en est-il réellement de la composition des produits ? Voyons ici l’exemple d’un soin Clinique.

Liste d’ingrédients (affichée sur le site de la marque en septembre 2021).

Ingredients: Cyclopentasiloxane, Water\Aqua\Eau, Isostearyl Palmitate, Polyethylene, Butylene Glycol, Polysilicone-11, Ethylene/Acrylic Acid Copolymer, Morus Bombycis (Mulberry) Root Extract, Caffeine, Phytosphingosine, Triticum Vulgare (Wheat) Bran Extract, Scutellaria Baicalensis Root Extract, Whey Protein\Lactis Protein\Protéine Du Petit-Lait, Olea Europaea (Olive) Fruit Extract, Camellia Sinensis (Green Tea) Leaf Extract, Cholesterol, Linoleic Acid, Tocopheryl Acetate, Magnesium Ascorbyl Phosphate, Pyridoxine Dipalmitate, Sucrose, Glycerin, Dimethicone, Glyceryl Laurate, PEG/PPG-18/18 Dimethicone, Petrolatum, Cetyl PEG/PPG-10/1 Dimethicone, Propylene Carbonate, Sodium Chloride, Quaternium-90 Bentonite, Disodium EDTA, Phenoxyethanol, Iron Oxides (CI 77491, CI 77492, CI 77499)

Pour commencer, regardons les 6 premiers ingrédients de la liste INCI. Ils constituent à coup sûr plus de 70% de la formule (c’est toujours le cas, cosmétologiquement parlant pour ce type de formule). Pour un soin contour des yeux, on s’attend à des ingrédients très doux, mais véritablement actifs pour cette zone. Or dans cette crème, que trouve-t-on ? Des silicones, de l’eau, des dérivés pétrochimiques et un composé estérifié possiblement issu de la palme (pas toujours). Pas très noble ni luxueux comme coeur de formule.

La liste d’ingrédients est très longue et l’on retrouve un certain nombre d’agents de texture et de viscosité qui permettent d’apporter cette fameuse sensation crème-gel légère que vante la marque sur son site. 

On remarque quelques extraits végétaux / naturels intéressants au milieu de cette formule : extraits de mûre, d’olive, de scutellaire, protéines et lipides… ceux-ci contrebalancent avec la fin de formule qui est à nouveau truffée de silicones et de composés éthoxylés. Le phénoxyéthanol, utilisé comme conservateur, est très surprenant ici dans un soin yeux, puisqu’il s’agit d’un conservateur polémique pour la santé endocrinienne et pour les peaux très réactives. La marque met en avant une atténuation de l’apparence des poches et des cernes. Cela ne sera qu’apparence en effet, puisque ce sont les silicones ici qui joueront un rôle flouteur sur les petits creux du contour des yeux. Un résultat certes visible à l’œil nu mais qui n’apporte rien d’actif à la peau fragile de cette zone du visage. Aussi, on remarque la présence d’oxydes de fer : ces pigments minéraux ont pour unique but d’apporter un effet de lumière au regard. Efficace, mais pas forcément “luxueux” ni noble. Quel dommage !

Un équivalent labellisé Slow Cosmétique ?

Le produit Clinique est caractérisé par la présence plus importante de silicones que d’eau. C’est donc un gel très lissant, qui estompe les plis de la peau, mais qui est pauvre en actifs. Une alternative labellisée Slow Cosmétique existe avec :

  • Le contour des yeux à l’immortelle de Saint Hilaire (11€ les 15ml) : ce best-seller Slow Cosmétique a une composition ultra qualitative pour un prix mini. Le gel est obtenu à base d’eau d’hamamélis et d’immortelle mêlées à des huiles et de la cellulose végétale. Le résultat est bluffant !

BILAN : des formules décevantes et pas si nobles que ça

L’analyse des ingrédients de ces 3 références pour le soin du visage montre bien que la noblesse si fort revendiquée dans le marketing de ces produits n’est pas si présente que ça dans le contenu des flacons. C’est une véritable déception, qui pousse à se demander quel luxe nous préférerions pour demain. Et si le luxe n’était pas que dans le marketing et le rêve, mais surtout dans la qualité des matières premières les plus importantes de la formule ? Si c’était plutôt le savoir-faire artisanal et local que l’on payait, et plus seulement un flacon incrusté ou gravé ?

La Slow Cosmétique invite à se fier à son Label pour des marques et produits vraiment nobles du point de vue des formules et de l’aspect humain et engagé de leur fabrication.

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